Originally posted 2018
Comme la plupart des jeunes filles, j’ai été élevée dans l’optique que moi aussi, un jour, je me marierais (#LaVoixDeZazou).
J’ai eu cette chance que, malgré la pression de la communauté ou de la société, mes parents m’ont toujours soutenue dans mes choix. Ils ont toujours exigé de moi d’être une femme accomplie avant d’être la femme d’autrui.
C’est-à-dire, d’entreprendre des études ou même de faire une formation qui allait m’apporter une indépendance financière, d’explorer le monde, de me construire spirituellement, etc.
Une femme accomplie est une meilleure personne, une valeur ajoutée à la société et, du coup, dans toutes les relations qu’elle entreprend. Elle apporte quelque chose sur la table !
Mais j’ai remarqué que, chez la plupart des Congolais, la réussite personnelle d’une femme n’a pas vraiment l’air de compter. On ne met pas l’accent sur l’accomplissement personnel d’une femme si le mariage ne fait pas partie de l’équation : travailler pour une entreprise du CAC 40 #BossMove ou avoir un Bac +7 mention spéciale… certains pensent que sans la clé du mariage, une femme n’a pas réussi dans la vie !!!
Mais malgré les efforts de mes parents, les remarques de certains proches ont résonné pendant longtemps dans mes oreilles :
« Faut pas attendre très longtemps, car les hommes n’attendent pas ! »
ou encore
« Les hommes n’aiment pas les femmes qui ont fait de longues études. »
Ces phrases vous sont-elles familières ? Moi oui, et le pire, c’est de les entendre de la bouche d’autres femmes. Peut-être qu’à leur époque c’était le cas, mais une femme qui a étudié ou qui est ambitieuse ne devrait pas faire fuir un homme — un vrai…
Loin de moi l’envie d’expliquer les effets toxiques du patriarcat, mais une chose est sûre : le facteur temps est une chose que l’on ne doit pas négliger…
Mais en réalité, aucune de nous n’a le contrôle du temps. Certes, les femmes sont dotées de cette horloge qui « pourrait » les restreindre à créer une famille. Mais la vie est pleine de surprises : un mariage, une maison ou un bébé à 22 ou à 42 ans, cela reste des événements mémorables à célébrer…
Il y a, du coup, une sorte de compétition implicite entre nous les filles, genre comme s’il n’y avait pas assez de bons partis qui courent les rues. Dès que l’un d’entre eux montre des signes de Husband Material : deux-trois RDV sur les Champs, quelques larmes de crocodile versées lors de la première tromperie et surtout le Saint Graal, la présentation à la famille — et ça y est, l’affaire est dans la poche. Certaines d’entre vous sont déjà prêtes à passer votre vie avec lui alors qu’il ne vous a encore rien prouvé.
À force de courir après la bague, ces filles vont se précipiter sur tout ce qui brille, en omettant les red flags qui se trouvent sous leurs yeux…
Elles se retrouvent ainsi dans des mariages désastreux, voués à l’échec, des mariages expresso ou triple sec sans glaçons (qui brûle la gorge, là), car à trop vouloir faire la fille bonne à marier, elles ne savent pas comment rester mariées…
Savoir faire la cuisine, tenir sa maison et organiser un somptueux dîner pour impressionner la belle-famille ne sont pas des critères suffisants pour se jeter dans le mariage.
Il est important de se sentir accomplie, sans être dans la perfection.
Posez-vous la question : qu’apporterez-vous à votre mariage si demain c’était le grand jour ?
Cette question, j’ai dû me la poser lorsque j’ai repris mes études à l’âge de 25 ans, sans économies et sans stabilité dans ma vie.
Avec l’âge qui avançait, j’ai moi aussi été prise de panique. Et si mes tantes avaient raison ? Et si j’avais une date de péremption ?
J’ai fait la même erreur que beaucoup d’entre vous font : j’ai attendu… j’ai attendu que l’homme idéal se présente, j’ai mis en suspens certains de mes projets dans l’optique que je les ferais avec « mon King ».
Mais une fois les études terminées, le permis en poche et avec quelques sous dans le compte, mon homme, lui, n’était pas encore arrivé. Donc cela voulait-il dire que je n’avais pas réussi ma vie ?
Bien au contraire !
J’avais accompli tellement de choses en quelques années, en restant concentrée sur mes objectifs, que personne ne peut me dire qu’il me manque quoi que ce soit.
J’ai appris ma valeur et j’ai rajouté quelques taxes on top.
J’ai compris aussi que je n’étais pas prête à faire face aux difficultés qu’un mariage pourrait apporter, car je ne m’étais pas prouvé à moi-même que je pouvais surmonter mes propres difficultés seule.
Alors, le conseil numéro un que je donne à toutes ces jeunes filles qui sont en quête de la bague, c’est d’abord d’apprendre à se connaître soi-même.
Et ce processus peut prendre quelque temps, voire quelques années. Rien ne presse !
Et surtout : prendre son temps dans toutes choses, prendre le temps de voyager, de faire des rencontres, d’apprendre une nouvelle langue ou même de construire une carrière — ou encore mieux, de créer sa propre entreprise ! Les opportunités sont multiples et diverses.
Autre conseil : ne vous donnez pas une date limite du genre « Je dois être mariée avant X âge ».
C’est une des premières erreurs à ne pas faire, car cela augmente la pression.
Et surtout, comme je l’ai dit plus haut, nous n’avons aucun contrôle sur le temps.
Au lieu de cela, dites-vous : « Je me marierai quand je serai accomplie, ou quand je serai totalement heureuse. »
Si vous vous sentez prête à 24 ans, c’est génial, et si vous vous sentez prête passé 50 ans, c’est tout aussi bien.
Et enfin, dernier conseil : ne vous comparez surtout pas aux autres !
Chacun sa route, chacun son chemin, comme dit la chanson (dédicace aux plus anciennes) !
La plupart de vos amies, en réalité, vous montrent une image édulcorée de leur relation, donc vous vous comparez à une vidéo de 10 secondes sur TikTok ou à un filtre de Snap !
Concentrez-vous sur vous, et le reste viendra en temps et en heure !
D’ailleurs, ne passez pas non plus votre temps à lire les magazines ou à regarder toutes les vidéos sur « les 10 manières de trouver l’âme sœur », je les ai essayées et ça marche pas #okuuuurrr
























